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https://www.panoramaaudiovisual.com/fr/2023/02/07/como-protejo-formato-television/

Pasapalabra - Format télévision - Je protège - Protection (Photo : Antena 3)

Imanol de Hipólito Lorenzo, avocat chez Bardají&Honrado, met en lumière la protection juridique des formats télévisuels, une question complexe et encore méconnue.

« Comment protéger un format télévisuel » est une question que se posent de nombreux créateurs et producteurs lorsqu'ils voient la possibilité de commercialiser son propre format. Toutefois, la réponse n’est pas simple.

Tout d'abord, il convient de clarifier Qu’est-ce qu’un « format télé ». Le terme est issu de l'industrie audiovisuelle et n'est pas défini comme tel (ni inclus) dans le droit de la propriété intellectuelle, au-delà de son éventuelle inclusion dans la catégorie des œuvres audiovisuelles.

Nos tribunaux ont eu l'occasion de se prononcer à de nombreuses reprises sur la notion de format télévisuel, puisque ce type d'œuvre génère une des litiges non négligeables. En ce sens, le format a été défini comme «l'ensemble des éléments techniques et intellectuels destinés à la création d'un programme télévisé diffusé périodiquement avec une structure narrative, des personnages et des éléments scéniques communs à toutes les émissions» (STS du 22 octobre 2014), ou encore comme ««l'ensemble des éléments qui constituent la structure de base d'un programme télévisé ainsi que les connaissances ou savoir-faire accumulés acquis au cours de son processus de production.» (SJMER n°4 de Madrid du 7 mai 2014).

On pourrait dire que le format est composé d'une série d'éléments, personnages, dessins, intrigues, jeux, règles, décors et dynamiques armés et organisés de manière originale et innovante dont mise en scène donne lieu à un émission de télévision. Habituellement, lorsque ces éléments ne sont pas encore mis en scène, on parle d'un « format papier », qui pourra par la suite acquérir le statut de format s'il a la chance de se matérialiser dans un programme.

Originalité, concept clé

Concernant sa protection par le droit d'auteur, comme c'est le cas pour toute autre œuvre, elle est soumise à l'exigence d'originalité, dans le sens où il doit s'agir d'une création propre de son auteur (qui n'a pas été copiée) et être dotée d'un certain degré de hauteur créatrice et d'unicité.

Il format, pour être protégé par le droit d'auteur, doit avoir toute une série de éléments d'identification au-delà de la dynamique du jeu : structure du programme, scénographie, décoration, ton, musique d'en-tête...

Si la définition de l'originalité est déjà une question épineuse, encore plus dans ce type d'œuvres dans lesquelles une partie des éléments qui les composent ne sont pas protégeables par le droit d'auteur. L'exemple le plus clair est celui de règles du jeu, qui par définition appartiennent au domaine des simples idées, restant donc en dehors de la propriété intellectuelle. Et justement l'originalité du format réside généralement dans le mécanique du jeu ou du concours en question. Mais ces règles, en elles-mêmes, ne peuvent pas être protégées par le droit d'auteur (sans préjudice de la possibilité de recourir à une concurrence déloyale si certaines circonstances se présentent).

Le format, pour être protégé par le droit d'auteur, doit donc comporter toute une série de éléments d'identification (plus il y en a, mieux c'est) au-delà de la dynamique du jeu, comme la structure du programme, la conception de la scène, la décoration, le ton (humoristique, informatif, informel...), la mélodie d'en-tête... Tous ces éléments réunis peuvent donner lieu (ou non) à une œuvre intellectuelle originale protégeable par le droit d'auteur.

La frontière entre ce qui peut être protégé et ce qui ne l'est pas

En ce sens, tous les formats ne contiennent pas tous les éléments requis pour être considérés comme originaux et, par conséquent, tous les formats ne peuvent pas être protégés.

Tout format ayant atteint le fama a forcément traversé une première phase « d’anonymat » et c’est à ce moment précis qu’il doit procéder à l'inscription.

Pensez à une émission dans laquelle le présentateur interviewe différentes personnes célèbres. Quels éléments sont réellement protégeables ? Il ne fait aucun doute que cette dynamique de talk-shows est très courante à la télévision et, si elle était protégée par le droit d'auteur, le marché télévisuel serait certainement très restreint et la créativité pour développer de nouveaux programmes télévisés serait très limitée. Mais si certain éléments distinctifs comme une décoration très particulière, une mélodie clairement différenciable du reste ou des personnages uniques, cela pourrait conduire à un produit final clairement différent des autres, devenant une œuvre originale protégée par le droit d'auteur.

Aux fins de sa protection, il est nécessaire de prendre en considération que la loi sur la propriété intellectuelle ne nécessite aucun type de formalité en ce sens, et que les œuvres (si elles sont originales) sont considérées comme protégées dès leur création. Pourtant, c'est fait l'inscription est recommandée afin de prouver l'existence et la paternité du format en cas d'éventuel litige. Il existe sur le marché des formats très consolidés qui n'auraient pratiquement pas besoin de ce type de test, mais il est également vrai que tout format devenu célèbre est nécessairement passé par une première phase « d'anonymat » et c'est à ce moment précis qu'il faut procéder à l'enregistrement.

Comment enregistrer un format

Il existe actuellement de nombreux médias et plateformes pour enregistrer un format et enregistrer son existence, sa date de création et sa paternité. Cependant, aujourd'hui, le Registre de la propriété intellectuelle est le seul à effectuer une test d'originalité, ce qui donne une valeur qualitative à ce type d'enregistrement par rapport aux autres.

Il est clair que la protection accordée par un contrat est limité (…), mais c'est une manière ne doit pas être jeté Si vous souhaitez préserver le valeur commerciale du format.

Au-delà de l'enregistrement initial, la protection du format doit être reflété dans les accords et les licences pour la commercialisation. Grâce aux clauses d'un contrat de licence, des garde-fous et des contreparties peuvent être établis pour faire évoluer le format tout en respectant la conception initiale de celui qui l'a conçu.

Il est clair que la protection accordée par un contrat est limité, mais dans un contexte où les formats télévisuels ne constituent peut-être pas une expression suffisamment originale pour être protégée par le droit d'auteur, c'est une manière qui ne doit pas être jeté Si vous souhaitez préserver le valeur commerciale du format.

Imanol de Hipólito Lorenzo

Avocat en Bardají&Honrado

Par, 7 février 2023, rubrique :Télévision, Tribunes, Production télé

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