La télévision espagnole présente un documentaire rendant hommage à Chicho Ibáñez Serrador
Alors que vient de passer le 45ème anniversaire de son concours mythique "Un, deux, trois... réponds encore", les "Imprescindibles" revient sur son parcours et son importance et lui consacre le documentaire "Histoires à retenir".
Narciso Ibáñez Serrador (Chicho) est l'un des noms les plus importants de l'histoire de la télévision en Espagne. Ses programmes font partie de la mémoire sentimentale du pays, même si son travail de dramaturge et de réalisateur n'en est pas moins remarquable. Alors que vient de passer le 45ème anniversaire de son concours mythique Un, deux, trois... réponds encore, Essentiel passe en revue sa carrière et son importance et lui dédie le documentaire Des histoires à retenir, qui a été présenté en avant-première ce mercredi à la Cineteca de Matadero Madrid et sera présenté en première sur La 2 le lundi 22 mai.
L'avant-première de ce mercredi s'est déroulée en présence du réalisateur de La 2, Juan Manuel Hidalgo, du réalisateur de Essentiel, Ana Peláez, les auteurs du documentaire, Marisa Paniagua et Carlos Muriana (qui ont travaillé aux côtés de Chicho), et de nombreux visages connus liés d'une manière ou d'une autre à Chicho Ibáñez Serrador, au Un deux trois... ou TVE. Parmi eux, trois des présentateurs du célèbre concours : Mayra Goméz Kemp, Miriam Díaz Aroca et Luis Larrodera.
Des histoires à retenir
Le documentaire, une production RTVE réalisée avec les ressources techniques et humaines du Prado del Rey, retrace la vie et le parcours professionnel d'un génie de la télévision, soutenu par les témoignages de ceux qui ont étudié son œuvre, mais surtout par ceux de ses amis et des personnes qui ont travaillé en très étroite collaboration avec lui. Des réalisateurs comme Álex de la Iglesia ou Juan Antonio Bayona parleront de l'énorme influence que Narciso Ibáñez Serrador a eu, avec seulement deux films, sur toute une génération de cinéastes espagnols.
Sa famille l'aidera à découvrir son côté le plus personnel et le plus méconnu, et ce sera Chicho lui-même qui, selon sa coutume, présentera et dira au revoir au documentaire. Les archives de la RTVE permettront de contextualiser l'œuvre d'un auteur et réalisateur en avance sur son temps.
Un pionnier de la télévision
Né à Montevideo en 1935, fils des acteurs Pepita Serrador et Narciso Ibáñez, Chicho a grandi dans les coulisses. Le spectacle était dans son sang. À dix-sept ans, il écrit sa première comédie à succès, « Approved in Chastity », et à dix-neuf ans, il réalise avec sa mère l'adaptation de « The Glass Menagerie », de Tennessee Williams. Des débuts brillants au théâtre, mais en chemin il découvre un nouveau média : la télévision dans les années 50.
En 1963, Chicho arrive à la télévision espagnole, avec seulement sept ans d'émission. Il avait 28 ans et possédait une vaste expérience à la télévision argentine et un énorme succès. Il a renouvelé le langage audiovisuel en Espagne dès le premier instant. Les réalisateurs de l'époque, dont Adolfo Suárez et Juan José Rosón, lui ont fait confiance pour diriger les « prix de l'opération », grâce auxquels TVE s'est fait connaître dans les festivals de télévision de toute l'Europe. Chicho a plus que rempli sa mission et a remporté pour TVE certains des prix les plus importants du moment (Golden Ninfa à Monte Carlo, Golden Rose à Prague...), notamment avec L'asphalte e Histoire de la frivolité. D'ici là, la série Des histoires pour vous empêcher de dormir Ce fut un grand succès qui terrifia des millions d'Espagnols chaque vendredi.
Un, deux, trois... réponds encore C'est le programme qui a eu le plus grand impact sur des générations d'Espagnols. Un concours risqué et innovant, qui a bénéficié de la faveur du public pendant des décennies et qui a grandi en spectacle et en humour jusqu'à devenir le grand spectacle dont nous nous souvenons tous. Dans le domaine du divertissement, ils se sont également démarqués Le feu de circulation o Waku-waku et en diffusion, Parlons de sexe, le premier à parler ouvertement du sujet en Espagne.
Un génie aux multiples facettes
Chicho a été un homme de théâtre (il reconnaît lui-même que c'est là son origine), et avec seulement deux films (La Résidence à partir de 1969 et Qui peut tuer un enfant ? 1976) est devenu une référence dans le genre fantastique et horreur.
C'est peut-être à cause de tout cela qu'il est devenu un personnage très apprécié. Chicho s'est également toujours reconnu comme une personne extrêmement timide qui, lorsqu'il doit affronter le public, revêt un masque d'acteur qui l'aide à préserver sa personnalité la plus intime : celle d'un travailleur inépuisable et d'un grand perfectionniste qui, malgré les succès obtenus, n'est jamais complètement satisfait de ce qu'il a fait.
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